Astrophysicien


QUI EST JACQUES EMILE BLAMONT ?

Né le 13 octobre 1926 à Paris, Jacques Emile BLAMONT, ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure, agrégé de l'Université, a préparé sa thèse au Laboratoire de Physique de l'Ecole Normale Supérieure sous la direction d'Alfred Kastler. Au cours de ce travail, il a découvert, en 1956, le phénomène de cohérence des sous-niveaux atomiques dans un champ de radiofréquence, ce qui lui a valu d'être élu Professeur à l'Université de Paris en 1957. Il s'est alors attaché à créer une compétence française dans la recherche spatiale. Après avoir dirigé à Hammaguir les tirs des fusées-sondes Véronique-AGI, il a été nommé Directeur Scientifique et Technique du Centre National d’études Spatiales (CNES) à sa fondation en 1962, puis, en 1972, il est devenu Haut Conseiller Scientifique de cet Etablissement. Il a été ainsi le responsable, entre autres, de la mise au point des satellites artificiels lancés par la France. C'est à lui qu'est due l'idée de construire un champ de tir spatial à Kourou en Guyane française, idée proposée en 1962 et acceptée aussitôt par le CNES. Tout en assumant des fonctions de direction au CNES, il n'a jamais cessé d'enseigner en ler, 2e et 3e cycle.

Il a fourni le sujet et dirigé personnellement les travaux de thèse de diverses natures d'environ quatre-vingts étudiants. De 1962 à 1985, il a été le Directeur du plus grand laboratoire de recherches spatiales du CNRS, le Service d’Aéronomie. Professeur Emérite à l'Université de Paris VI, il est aujourd'hui Conseiller du Directeur Général du CNES. Depuis 1980, il est Distinguished Visiting Scientist à Jet Propulsion Laboratory, le Centre de la Nasa spécialisé dans l'exploration planétaire.

LES TRAVAUX DE JACQUES EMILE BLAMONT portent sur l'atmosphère du Soleil, de la Terre et des planètes : il a, le premier, mis au point les méthodes de mesure du déplacement Einstein des raies atomiques sur le Soleil, de la température de la haute atmosphère de la Terre, du mécanisme d'évaporation d'hydrogène de la Terre et des planète. Il est l'auteur, seul ou avec ses élèves, d'une série de découvertes, dont celle de la turbopause de l'atmosphère terrestre (1959), du vent interstellaire (1971), de l'enveloppe d'hydrogène des comètes (1971). Il a inspiré et dirigé de nombreux programmes de recherche tels que la géodésie par échos laser (1964), l'étude de la basse atmosphère par ballons étanches en 1971 (programme "Eole"), le sondage vertical de la haute atmosphère par laser depuis 1967 ... Impliqué, depuis les années 1960, dans les programmes spatiaux soviétiques et américains, il s'est attaché aux missions planétaires et a participé, depuis 1972, à la plupart d'entre elles (Voyager I et 11, Pioneer Venus, Venera 8 à 15, Vega, Phobos, Mars Observer, Mars 96, Mars Global Surveyor), parvenant à organiser, dès 1980, une étroite collaboration entre Soviétiques et Américains dans les missions planétaires. En particulier, il a proposé et mené à bien le lancement, en 1985, de ballons dans l'atmosphère de Vénus par les sondes soviétiques Vega. En fournissant le système de compression d'images, il a joué un rôle important dans la mission du DOD (Département de la Défense des Etats-Unis), Clémentine, satellite de la lune qui a obtenu la première cartographie digitale complète de notre satellite naturel. A partir de février 1997, il a conçu le programme de coopération entre la NASA et le CNES pour le retour d'échantillons martiens. En même temps, il a imaginé le concept de "micro missions" planétaires lancé par Ariane 5.

LES PUBLICATIONS
Jacques Blamont a publié chez Odile Jacob, en 1987, sous le titre Vénus dévoilée ; voyage autour d'une planète, un livre sur l'exploration planétaire ; en 1993, un livre sur l'histoire des sciences, Le Chiffre et le songe ; histoire politique de la découverte (Prix Roberval, 1993 ; Prix Maurice Pérouse de la Fondation de France, 1993 ; Prix du livre d'Histoire de la Société des Gens de Lettres, 1994), en 2000 Le Lion et le Moucheron, Histoire des Marranes de Toulouse, et en 2004 Introduction au siècle des menaces.

Deux fois lauréat de l’Académie des Sciences, lauréat de la Société française de physique, il a reçu la Médaille de Vermeil du CNES, la Médaille d'Argent du Président de la République (décernée, en 1967, par le Général de Gaulle), les Médailles Guggenheim et Théodore von Karman de l’Académie internationale d’Astronautique, la "Medal for Exceptional Scientific Achievement" de la NASA (1972), la "Vikram Sarabhai Medal" de l'ISRO (COSPAR Medal 1994), la Médaille d'Or du Centre Spatial Guyanais (1995), le "George W. Goddard Award" de l'International Society for Optical Engeneering (1997), la "Distinguished Service Medal" de la Nasa (2000), la décoration la plus élevée décernée par cette Agence et le COSPAR Space Science Award (2004).


Jacques BLAMONT est membre, entre autres sociétés savantes,

  • de l'Académie des Sciences de l'Institut de France (1979),
  • de la National Academy of Sciences des Etats-Unis (1979),
  • de l'American Philosophical Society (2002)
  • de l'Indian National Science Academy (1979).
  • II est commandeur de la Légion d'Honneur (Mars 1998), de l'Ordre national du mérite et des Palmes Académiques, et a reçu la plus haute distinction accordée par l’URSS à des non-Soviétiques, l'Ordre de l’Amitié des Peuples.

Parmi ses élèves on relève :

  • six Directeurs de recherche au CNRS,
  • sept Professeurs d'Université dont quatre à l'Université de Paris,
  • un Président du CNRS,
  • un Directeur Général du CNES devenu Directeur Général de l'Agence Spatiale Européenne,
  • un Directeur Scientifique de l'Agence Spatiale Européenne,
  • deux Présidents Directeurs Généraux d'Arianespace,
  • deux grands prix de l'Académie des Sciences,
  • un membre de l'Académie
  • un membre correspondant.